-Présentation
Paris
Tonkar Tarek
Ben Yakhlef et Sylvain Doriath, ont conçu ce livre comme un recueil de
paroles données aux tagueurs et aux graffiti-artistes et une sorte de sketch-book
: ceux-ci nous renseignent sur leurs disciplines, leurs motivations, leur état
d'esprit, leur démarche et confient leur sentiment sur les réactions
de la société face à ce phénomène. Les pages
consacrées aux artistes permettent aux néophytes de s'immerger dans
un milieu urbain où les signes, les traits, les couleurs, les formes ne
sont que la continuité d'une pratique ancestrale : marquer son passage.
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Paris devient une
capitale du graffiti Les auteurs tracent les étapes
successives de l'évolution plastique du graffiti à Paris depuis
1985. Plusieurs ouvrages depuis s'accordent à dire que le graffiti à
Paris, exécuté par des artistes venus de pays différents,
a franchi à cette époque une étape décisive puisqu'il
a supplanté le style new-yorkais comme l'affirme Futura 2000. Le graffiti
est un mouvement à part entière, avec des idées et des règles
concises : un tag sur un immeuble du XIXe siècle, un métro, le long
d'une voie ferrée ou dans un terrain vague ne se limite pas à l'inscription
d'un pseudo mais aussi à la recherche d'une calligraphique et d'une typographique
qui marquent les esprits. Bien souvent, le jeune en question a commencé
sur une table de classe ou sur une feuille de brouillon avec un crayon à
papier, un stylo bille ou un feutre, poursuit sur un mur avec une bombe de peinture
ou sur une banquette de métro avec un marqueur puis il finit dans un atelier
de peinture lorsque celui-ci choisit de persévérer. C'est un mouvement
qui est certes né aux États-Unis en 1971 avec Taki 183, confirmé
par Jean-Michel Basquiat et Keith Haring à New York puis exporté
par d'autres artistes dans tous les pays industrialisés mais il a pris
un nouvel essor en France. Les auteurs montrent en quoi les années 1987-1991
peuvent être considérées comme un tournant majeur.
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Belleville, un quartier
de Paris où les tags sont très présents Aspects historiques
et sociologiques. Ils s'attachent ainsi à nous
faire saisir leur logique d'interprétation de la société
et de ses leurres. Il faut savoir qu'un tagueur n'est pas nécessairement
un délinquant issu des quartiers populaires mais il arrive souvent que
celui-ci est originaire d'un milieu plutôt favorisé. L'élément
urbain comme support de travail devient alors l'espace d'expression idéal
pour ces jeunes peintres. En 1991, les tags et les graffes prolifèrent
dans Paris et sa banlieue. Ce livre permet de raconter cette histoire et celle
des terrains comme le terrain de Stalingrad (Paris XIXe), le chantier de la Pyramide
du Louvre, dans les dépôts du métro, du RER ou de la SNCF.
Ces compositions artistiques d'un art éphémère malgré
lui sont accompagnées de dessins réalisés par les graffeurs
eux-mêmes et d'interviews définissant un nouvel ordre de pensée.
Les techniques de peintures, les styles, les motivations et les leitmotiv de ces
tagueurs et graffeurs sont aussi abordés pour que le lecteur puisse comprendre
la démarche de ceux qui se définissent comme "writer". Paris
Tonkar sur Wikipédia 
©
Photos de l'exposition Ministry Of Design TM, Shoot The Bank avec Paris
Tonkar au Dune. Juillet-août 2010. |